Les déclencheurs
![]() |
| Monstre plage blanche1 |
Je ne rencontre pas souvent le terrifiant monstre du syndrome de la page blanche. J’en ai par contre entendu parler. Le meilleur moyen de combattre quoi que ce soit consiste à s’entrainer et concevoir un plan. Côté entrainement, je suis abonné à @ToupiesH et @DailyPrompt sur Twitter et chaque jour ces deux comptes publient un déclencheur d’écriture (ma traduction de writing prompt). Cette semaine, j’explore ce qui se produit quand on les utilise ! Je souligne le déclencheur en italique.
*
Juste à côté, un petit garçon construisait une barricade avec des chaises renversées. Je l’observais discrètement par une fente du rideau. Il arborait le visage déterminé d’un guerrier qui prépare ses dernières défenses. La pile couvrait bien la moitié de la cour arrière. Je me suis demandé d’où il en sortait autant.
À chaque aller-retour dans sa maison il ressortait avec deux ou trois chaises qu’il ajoutait à sa barricade de fortune. Il utilisait un rouleau de corde pour attacher des ballots de foins, qui lui servaient à sécuriser les pièces de son fortin. Le jeu totalement concentré de ce gamin me fascinait.
Je ne me souviens pas du moment où j’ai dû m’assoupir. Je me suis réveillé en sursaut quand j’ai entendu le cri de charge d’une escouade de soldat. J’ai ouvert plus grand le rideau et l’enfant, non, le jeune guerrier se tenait debout sur une palissade hérissé de pique de bois et de lame en fer. J’ai frotté mes yeux, ébloui par les reflets du soleil sur son armure.
Il était beau, fier et aucune trace de peur ne déformait son visage. Les soldats se rapprochaient, ils prirent leur élan pour bondir sur le sommet du mur. Les premiers s’embrochèrent dans les défenses, mais les seconds se servant du corps des premiers purent grimper la palissade.
Le combat éclata, dans un bruit de métal et dans un râlement de douleur. Le jeune guerrier n'accordait pas de quartier. D’un coup de pied, il envoya un assaillant s’empaler sur une pique du mur. Il para un coup d’épée tout en estoquant au ventre un deuxième soldat, il dégagea rapidement son arme pour attaquer la créature dont il venait de parer le coup. J’eus peur pour lui et ne pus réprimer un cri.
Un flash de lumière me ferma les yeux.
La scène dans la cour du jeune garçon était étrange. Il se bagarrait avec d’autres enfants. L’un d’eux gisait immobile en se tenant la poitrine d’où une patte de chaise dépassait. Une tache d’humidité grandissait sur le chandail du deuxième qui tenait son ventre à deux mains en gémissant.
Que se passait-il chez le voisin ? Où étaient les parents ? Je voulus me lever, mais j’avais oublié que j’étais cloué sur ce maudit fauteuil roulant. Impuissant, j’ai assisté à la victoire du jeune garçon sur les enfants qui l’attaquaient.
À chaque aller-retour dans sa maison il ressortait avec deux ou trois chaises qu’il ajoutait à sa barricade de fortune. Il utilisait un rouleau de corde pour attacher des ballots de foins, qui lui servaient à sécuriser les pièces de son fortin. Le jeu totalement concentré de ce gamin me fascinait.
Je ne me souviens pas du moment où j’ai dû m’assoupir. Je me suis réveillé en sursaut quand j’ai entendu le cri de charge d’une escouade de soldat. J’ai ouvert plus grand le rideau et l’enfant, non, le jeune guerrier se tenait debout sur une palissade hérissé de pique de bois et de lame en fer. J’ai frotté mes yeux, ébloui par les reflets du soleil sur son armure.
Il était beau, fier et aucune trace de peur ne déformait son visage. Les soldats se rapprochaient, ils prirent leur élan pour bondir sur le sommet du mur. Les premiers s’embrochèrent dans les défenses, mais les seconds se servant du corps des premiers purent grimper la palissade.
Le combat éclata, dans un bruit de métal et dans un râlement de douleur. Le jeune guerrier n'accordait pas de quartier. D’un coup de pied, il envoya un assaillant s’empaler sur une pique du mur. Il para un coup d’épée tout en estoquant au ventre un deuxième soldat, il dégagea rapidement son arme pour attaquer la créature dont il venait de parer le coup. J’eus peur pour lui et ne pus réprimer un cri.
Un flash de lumière me ferma les yeux.
La scène dans la cour du jeune garçon était étrange. Il se bagarrait avec d’autres enfants. L’un d’eux gisait immobile en se tenant la poitrine d’où une patte de chaise dépassait. Une tache d’humidité grandissait sur le chandail du deuxième qui tenait son ventre à deux mains en gémissant.
Que se passait-il chez le voisin ? Où étaient les parents ? Je voulus me lever, mais j’avais oublié que j’étais cloué sur ce maudit fauteuil roulant. Impuissant, j’ai assisté à la victoire du jeune garçon sur les enfants qui l’attaquaient.
*
Je regardais fixement devant moi, comme les autres solitaires dans cet endroit. Pour ne pas attirer l’attention sur moi, je faisais de mon mieux pour résister à la tentation de découvrir les autres. Devant nous, un immense écran diffusait des images et des lumières qui l’hypnotisaient. Je savais qu’il était possible de rompre le contact visuel avec l’écran, tout le monde clignait des yeux, dormait sur place. Je me permettais ces moments de repos moi aussi, je ne tournais pas la tête pour autant.
Le temps passait ainsi, les images qui brûlaient la rétine, les ténèbres du repos. J'avais toujours cette envie de détourner le regard pour découvrir le sort des autres. Combien de temps ai-je lutté ? Je ne sais pas.
À mon réveil, j’étais ailleurs. Une voix douce m’annonça :
─ Bonjour, votre rééducation est terminée. Vous pourrez rejoindre les autres dans la salle à manger.
Le temps passait ainsi, les images qui brûlaient la rétine, les ténèbres du repos. J'avais toujours cette envie de détourner le regard pour découvrir le sort des autres. Combien de temps ai-je lutté ? Je ne sais pas.
À mon réveil, j’étais ailleurs. Une voix douce m’annonça :
─ Bonjour, votre rééducation est terminée. Vous pourrez rejoindre les autres dans la salle à manger.
*
En marchant dans la pièce, la vieille psalmodiait. Une longue chaîne de mot sortait de sa bouche. Les petits enfants terrés sous le lit écoutaient sans comprendre. De temps à autre ils jetaient un œil sur Alia. Leur grande sœur arrivait parfois à calmer leur aïeule.
─ Include <stdio. h>; main {const float revenge1; if...
─ Grand-mère ? Est-ce que tu prendrais un thé ? Ça vous fait toujours du bien.
─ switch, break, varCafé;} if reponse = please_2 ;
La jeune Alia s’active au four, l’arôme du café emplit le petit appartement. Un peu plus tard la vieille dame ronfle doucement. Un des petits enfants demande timidement :
─ Qu’est-ce qu’elle a grand-mère ? Pourquoi elle parle comme ça ?
─ Elle est une vieille programmeuse, elle parlait aux machines tout le temps quand elle était jeune. Tellement qu’elle en oublie parfois comment parler humain. N'ait pas pas avoir peur.
─ Alia, parfois ce qu’elle dit nous fait agir bizarrement. C’est pour ça qu’on a peur.
─ Je sais, mais ça n’arrive pas souvent. Au lit ! C’est l’heure de se recharger.
Les petits enfants sortent de sous le lit, grimpent sur le matelas et prennent chacun un fil qui pendouille mollement du plafond. Le fil est branché derrière l’oreille et les enfants ferment les yeux.
─ Include <stdio. h>; main {const float revenge1; if...
─ Grand-mère ? Est-ce que tu prendrais un thé ? Ça vous fait toujours du bien.
─ switch, break, varCafé;} if reponse = please_2 ;
La jeune Alia s’active au four, l’arôme du café emplit le petit appartement. Un peu plus tard la vieille dame ronfle doucement. Un des petits enfants demande timidement :
─ Qu’est-ce qu’elle a grand-mère ? Pourquoi elle parle comme ça ?
─ Elle est une vieille programmeuse, elle parlait aux machines tout le temps quand elle était jeune. Tellement qu’elle en oublie parfois comment parler humain. N'ait pas pas avoir peur.
─ Alia, parfois ce qu’elle dit nous fait agir bizarrement. C’est pour ça qu’on a peur.
─ Je sais, mais ça n’arrive pas souvent. Au lit ! C’est l’heure de se recharger.
Les petits enfants sortent de sous le lit, grimpent sur le matelas et prennent chacun un fil qui pendouille mollement du plafond. Le fil est branché derrière l’oreille et les enfants ferment les yeux.
*
Elle ne regardait pas les petites vagues de la baie qui miroitaient comme une cotte de mailles... Ce déclencheur, je vous le laisse ! Quelles histoires pourraient émerger de cette phrase ? Pour le savoir, il faut ajouter des mots !
*

Commentaires
Publier un commentaire