Le premier tiroir est ouvert !

Ybou photos from St-Léonard de Portneuf, Québec, Canada
CC BY-SA (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0)

   J’ouvre enfin un premier tiroir. Qu’est-ce qui s’y trouve ? C’est celui qui déborde, celui qui contient la fantaisie moderne. Pour moi, l’idée qu’en parallèle de notre monde rationnel et scientifique existe une réalité faite de magie et de créature improbable qui parfois se croise me fascine. C’est mon herbe à chat personnel. Voici donc un petit exemple du genre.
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   Marcus attendait le bus de 22 heures après une longue soirée à servir la clientèle du bistro Le Carré. Les lumières de la rue déserte accomplissaient leur rôle en augmentant le sentiment de sécurité. En effet, il n’y avait pas de zones sombres dans lesquelles s’embusquer. Le regard de Marcus balayait tout de même nerveusement les alentours. Incapable d’identifier en quoi cette nuit différait des centaines d’autres similaires, il guettait l’arrivée des autres passagers habituels.
Il ne restait que cinq minutes avant l’arrivée du bus et toujours aucun habitué ne s’était présenté à l’arrêt. Marcus se trouvait ridicule, il pratiquait les arts martiaux mixtes, il avait déjà expulsé physiquement un client du bistro. Il était familier avec la confrontation, pourtant ses sens l’alertaient comme s’il allait jouer sa vie dans les prochaines minutes. Le bus visible quelques minutes avant d’arriver tardait à apparaître.
   Un lampadaire deux coins de rue plus loin clignota brièvement. À tour de rôle, les suivants imitèrent le premier. Marcus concentrait toute son attention sur ce phénomène. Il avait déjà vu, comme tout le monde, un lampadaire défectueux qui clignote, mais toute une série le long d’une rue c’était du jamais vu. Alors que la succession de clignotement se rapprochait de lui, Marcus recula au fond de l’abribus ne sachant pas de quoi il se protégeait. Lorsque la lumière la plus proche de lui s’éteignit, il sursauta. 
   Le puissant klaxon du bus s’était fait entendre et la porte grande ouverte devant lui l’invitait à monter. Le chauffeur lui souriait, Marcus ne comprenait pas ce qui venait de se produire. Il regarda autour de lui, ne vit rien d’étrange. Il monta dans le bus, constata la présence de tous les habitués. Il n’y avait qu’une silhouette repliée sur elle-même enfoncée dans le siège directement derrière le chauffeur qui détonnait dans le bus. Marcus monta, passa son Opus sur le lecteur qui fit entendre son bip d’approbation. Il alla s’asseoir, un peu ébranlé, puis la fatigue de sa longue journée l’aidant, il s’assoupit. 
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Voilà ! De l’ordinaire qui cache du merveilleux. Je n’ai aucune idée de ce qui pourrait expliquer un tel phénomène, mais c'est la spéculation qui rend l’exercice intéressant. Marcus qui hallucine ? La silhouette a-t-elle causé ça ? Juste un bogue du réseau électrique ? Possibilité sans fin ! La prochaine fois, je vous présente une histoire plus longue.
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